Sanctions, punitions...
Quelques repères pour un langage commun.
La sanction :
C'est une réponse, de type privatif, à une transgression. Elle peut servir de référence éducative dans le sens où elle place l'enfant ou la personne devant sa propre autoresponsabilisation.
La punition :
La punition est une sanction majorée par la subjectivité de celui qui la donne. C'est pour cela qu'elle est souvent vécue comme injuste. La punition est une réaction ( souvent émotionnelle) à un comportement perçu comme une transgression ou une faute.
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Quelques repères pour un langage commun.
La sanction C'est une réponse, de type privatif, à une transgression. Elle peut servir de référence éducative dans le sens où elle place l'enfant ou la personne devant sa propre autoresponsabilisation. Exemple : C'est bien moi qui choisis de transgresser et donc de courir le risque d'une sanction. J'espère tirer un avantage ou du plaisir à transgresser, mais il y a un prix à payer à base de privation ou d'interdit, quand ma transgression sera découverte. Le jeu consistera pour beaucoup d'enfants transgresseurs… à ne pas se faire prendre ! Introduire une dynamique sanctionnante dans une structure ou un collectif suppose 4 conditions : * L'existence d'une référence : loi-réglement-consensus. * La connaissance d'une réponse de caractère privatif ou interdictif, adapté à l'importance de la transgression. * Un garant connu (animateur ou directeur) chargé de rappeler la loi et les conséquences d'une transgression. * Une transgression volontaire (s'il y a méconnaissance de la loi, cela s'appelle une erreur). |
La punition
La punition est une sanction majorée par la subjectivité de celui qui la donne. C'est pour cela qu'elle est souvent vécue comme injuste. La punition est une réaction ( souvent émotionnelle) à un comportement perçu comme une transgression ou une faute. Souvent la punition sera prise- non pour réparer, mais pour accentuer la culpabilité ou servir d'exemple, ce qui explique qu'une punition est une sanction majorée.(<<comme cela il ne recommencera pas…>>) La punition est prise le plus souvent non en fonction de ce qui s'est passé, mais en fonction du retentisssement, de la résonnance chez celui qui découvre la transgression. Sanctionner c'est faire preuve d'autorité en confrontant l'enfant à la réalité qui l'entoure.
Punir c'est faire preuve de pouvoir et de puissance, en plaçant l'enfant dans l'impuissance et la soumission. Jacques SALOME |
Tout groupe qui vit, agit, produit… élabore des règles implicites ouexplicites. Ces règles sont amenées à ne pas être respectées soit qu'elles soient transgressées, soit qu'elles soient oubliées, ce qui peut passer inaperçu ou qui peut être constaté, ce qui peut provoquer une gêne ou ne pas en provoquer. A cette question, deux alternatives au moins : Pour qui ? Pour quoi ? Agir donc, mais comment ? a) respect du droit commun en référence : b) principe d'éducabilité c) principe de cohérence éducative d) principe de cohérence avec la Justice française, notamment la Justice pour les mineurs e) prise en compte du droit à l'erreur dans l'apprentissage de la socialisation ; f) En fonction de données des Sciences Humaines a) Psychologie et développement de l'individu (notamment l'approche Piagétienne : quand l'adulte échange son point de vue avec l'enfant, il stimule le développement de son autonomie, quand il utilise récompense et punition il renforce son hétéronomie - conditionnement Pavlovien. PIAGET distingue donc punition et sanction par réciprocité, cette dernière étant directement liée aux actes que l'on veut sanctionner ; elle aide l'enfant à construire par lui-même ses règles de comportement à travers la coordination de points de vue) - la punition entretient l'individu dans l'hétéronomie ; b) Psychologie des groupes et sociologie : c) Psychanalyse - "le besoin de punition" selon Freud pour le propre équilibre du fautif (cf. "le problème économique du masochisme" in Névrose, psychose et perversion, PUF, 1973 ; |
d) Le socio constructivisme et l'interactionnisme dans la construction de soi, des savoirs ; e) En effectuant des choix éducatifs et pédagogiques dans un positionnement déontologique en fonction de "modèles éducatifs" : Volontairement nous nous inscrivons dans une démarche éducative par rapport à la sanction qui associera l'enfant ce qui correspond davantage au modèle d'affranchissement dans une approche socioconstructiviste Ce choix conduit également à la mise en place d'un système de sanction éducatif et à vocation humaniste, qui implique : Ce système de sanctions écartera, par principe, la punition de type coercitive et/ou expiatoire, inspirée de la culture judéo-chrétienne. Mais alors quelles sanctions ? Rappeler tout d'abord l'étymologie : latin sanctio ; de sancire, établir une loi. Conséquence morale d'un acte, châtiment ou récompense ; peine ou récompense prévues pour assurer l'exécution d'une loi (sanctions pénales). Mesure répressive. - Grand Larousse encyclopédique. Dans ce cadre nous pourrions envisager, comme sanction : En tout état de cause, la sanction sera : Quand on sanctionne, on est dans le registre de la Loi/transgression. Quand on punit, on est dans le registre de la norme/déviance. La punition d'un enfant survient souvent comme la nécessité pour un adulte de récupérer narcissiquement son emprise et sa violence sur l'enfant. La sanction ne s'applique pas "à cause d'un passé" mais en direction "de l'avenir". Le coupable est aussi une victime qu'il faut aider. |